26-128
Concours
Les gradins de l'Île
Notre-Dame
Un geste linéaire pour la mise en valeur du paysage insulaire montréalais
Le caractère singulier de l’île Notre Dame, sa composition hybride entre cadre naturel et infrastructures événementielles majeures, nous a conduit à considérer
le site à l’échelle de l’île entière. Notre intervention propose une lecture claire : préserver le cœur naturel à l’intérieur du circuit Gilles Villeneuve et organiser les infrastructures d’accueil à l’extérieur de celui ci, dans un geste linéaire fort qui traverse l’île du nord au sud.
Le tracé du circuit agit comme une limite protectrice. Il contient une nature généreuse, lente et immersive, un territoire de marche, d’exploration et de détente où se déploient la plage, les jardins, les sentiers, une canopée mature et une biodiversité précieuse. Ce milieu constitue un bien commun à préserver. En localisant l’ensemble des gradins, permanents comme temporaires, à l’extérieur de la piste, nous éliminons la manutention lourde au sein de ce cœur écologique, réduisons les impacts saisonniers associés au Grand Prix et renforçons les principes de transition écologique.
Notre geste principal consiste en l’extension de l’axe du bâtiment du paddock, une bande longitudinale de 25 mètres de profondeur, continue et rectiligne, sur laquelle viennent s’arrimer les nouvelles infrastructures. L’épaisseur originelle du paddock se découpe en modules réguliers de 5 mètres, constituant une trame constructive claire qui devient l’ossature de l’ensemble des gradins. Directement jouxtée à cette bande, une seconde bande de cinq mètres accueille un parcours cyclo piéton assurant une continuité de mobilité douce reliant le stationnement au nord à un quai panoramique donnant sur le pont Victoria au sud.
Aux extrémités du parcours, dans les secteurs de l’Épingle et des Courbes Senna, la bande s’incurve pour suivre la trajectoire du circuit. À cet endroit, la géométrie des gradins se transforme en un volume
plus sculptural. Cette courbure conduit naturellement à des extrémités affirmées se terminant par un angle franc de quatre vingt dix degrés qui ancre le projet
dans le paysage et produit deux signaux urbains
lisibles depuis Montréal. Les extrémités orientées vers la ville accueillent une plateforme événementielle intégrée, sur laquelle diverses activités peuvent prendre place. Elles deviennent également des lieux privilégiés de contemplation du paysage montréalais.
La courbure génère aussi deux places publiques en pied de gradins. Ces esplanades polyvalentes accueillent une programmation annuelle : spectacles, installations, marchés, activités sportives ou matchs extérieurs où les gradins deviennent amphithéâtres naturels. Elles structurent ainsi deux pôles d’animation complémentaires au sein du Parc.
Un lien souterrain connecte le cœur naturel de l’île à la zone des gradins. Situé à l’amorce de chaque secteur, il facilite la distribution des flux, améliore la sécurité et préserve les vues sur la piste tout en assurant une circulation fluide lors des événements.
Au centre de l’île, un belvédère pont relie le cœur naturel à la bande infrastructurale. Cette plateforme accessible offre un point de vue privilégié sur les paysages du Parc, du fleuve et du centre ville et clarifie l’articulation générale du site.
L’ensemble compose une organisation cohérente où gradins, circulations, belvédères et places publiques forment un système unifié, durable et adapté aux usages contemporains du Parc Jean Drapeau